À Cambrai, le football amateur prend des airs de vieux football populaire. Celui des tribunes qui ont vécu, des chants qui résonnent sous le béton et des supporters qui viennent autant pour encourager leur équipe que pour défendre leur territoire. Ici, on sent immédiatement qu’on n’est plus dans le petit stade de campagne : il y a du vécu, du bruit et une vraie identité.
L’arrivée demande déjà un peu de courage. Le stationnement se fait le long du boulevard, sur un parking ou dans les rues adjacentes. Jusque-là, rien d’anormal. Mais encore faut-il réussir à traverser. Heureusement que les feux rouges existent, parce qu’entre deux changements de signalisation, certains automobilistes semblent persuadés de participer aux qualifications des 24 Heures du Mans. Traverser devient presque une épreuve de survie où le supporter apprend rapidement à regarder des deux côtés… puis encore une troisième fois pour être sûr.
Stationnement : 2/5
Le stade possède une vraie gueule. Une grande tribune des années 70/80 domine l’ensemble, avec ce charme un peu rétro des enceintes qui n’ont jamais cédé aux rénovations modernes aseptisées. Les sièges restent confortables, le béton a de la mémoire et l’ensemble respire encore le football populaire. La pelouse est correcte, suffisamment propre pour permettre du jeu, même si la piste d’athlétisme crée cette distance frustrante entre le terrain et les spectateurs. On aimerait parfois être dix mètres plus près pour profiter pleinement des réactions du banc ou des tacles qui claquent.
Le stade : 3,5/5
Et puis il y a l’ambiance. Là, Cambrai change de catégorie. Les Ultr’Acéistes donnent une vraie vie au stade avec drapeaux, tambours, chants et écharpes levées. Un kop de copains avant tout, mais un kop qui pousse fort et qui transforme certaines affiches en mini-Bollaert local. Quand le match devient tendu ou qu’il y a un enjeu au classement, la tribune prend une autre dimension. Ça chante, ça chambre, ça pousse l’équipe et parfois même l’arbitre repart avec une analyse complète de sa prestation. Dans le football amateur régional, voir un groupe structuré de supporters reste suffisamment rare pour être salué.
Ambiance : 5/5
La buvette, elle, coche presque toutes les cases du parfait dimanche footballistique. Grande, ouverte des deux côtés et directement attenante à la tribune, elle devient naturellement le deuxième centre névralgique du stade. On y trouve tout ce qu’il faut pour tenir l’après-midi, avec surtout une bonne bière pression qui accompagne parfaitement les débats tactiques improvisés entre habitués. Ici, la troisième mi-temps commence parfois avant même le coup d’envoi.
Buvette : 4/5
Cambrai propose finalement ce que beaucoup de clubs amateurs ont perdu avec le temps : une vraie identité de stade. Du béton vieillissant, une tribune qui résonne, des supporters investis et cette impression agréable d’assister encore à un football profondément populaire.
Note globale : 14,5/20