« Le terrain ment parfois, la buvette jamais. »

On croyait avoir tout vu avec le 9-0 de Fourmies en Régional 2. C'était sans compter sur la R3, ce championnat merveilleux où les ambitions sont grandes, les déplacements parfois interminables et les tableaux d'affichage manifestement dépourvus de limiteur de vitesse. Ce week-end de la Toussaint, Bondues a inscrit dix-huit buts, la poule B s'est retrouvée avec cinq équipes à égalité en tête, trois leaders ont poursuivi leur sans-faute et plusieurs défenses ont sérieusement envisagé une reconversion professionnelle. Pendant que certains déposaient des chrysanthèmes, d'autres déposaient des valises de buts. Tour d'horizon des huit poules d'une Régional 3 qui refuse décidément de se comporter comme un championnat raisonnable.
📷 ES VILLERS-OUTREAUXLa Toussaint est traditionnellement une période de recueillement. En Régional 2, certains ont préféré organiser des enterrements sportifs, d'autres des résurrections et quelques-uns ont simplement passé leur dimanche à chercher le chemin des filets. Au programme de cette cinquième journée : un leader qui refuse obstinément de perdre le moindre point, un 9-0 qui ressemble à une erreur de saisie, un prétendant qui encaisse quatre buts à domicile et une poule D où le premier commence à sentir le souffle du deuxième dans son dos. Bienvenue en R2 des Hauts-de-France. Quatre poules, 48 équipes et toujours aucune garantie de passer un dimanche tranquille.
📷 RC CALAISCinquième journée de Régional 1 dans les Hauts-de-France. Et pour un week-end de Toussaint, le football régional s'est montré particulièrement vivant. Le Racing Calais a transformé son duel face à Dunkerque en démonstration, Compiègne a envoyé Grande-Synthe au tapis, Chambly a remporté un match complètement fou et Béthune a trouvé le moyen de sauver un point à la dernière minute. Pendant ce temps, quelques équipes ont préféré le 0-0, probablement pour rappeler qu'il existe encore des traditions.
📷 FootMatchHDFSixième tour dans les Hauts-de-France : le tirage a réservé quelques affiches de gala, plusieurs traquenards et un duel entre deux clubs qui n'étaient pas censés aller aussi loin. Le week-end des 24 et 25 octobre promet de rappeler une nouvelle fois que la Coupe de France est une compétition dans laquelle les divisions ne servent qu'à mesurer la hauteur de la chute.
📷 FootMatchHDFLe tirage du troisième tour de la Coupe des Hauts-de-France a livré son verdict. Au programme du dimanche 25 octobre : plusieurs chocs entre formations régionales, des voisins qui auraient préféré s'éviter et quelques outsiders bien décidés à prolonger leur aventure. La Coupe régionale commence à prendre des allures de championnat parallèle. Avec cette différence appréciable qu'à la fin, il faut obligatoirement un vainqueur.
📷 US Ribemont MezieresPendant que la Coupe de France monopolisait les projecteurs, sa petite sœur régionale poursuivait tranquillement son œuvre de destruction des certitudes. Au programme de ce deuxième tour de Coupe des Hauts-de-France : l'AC Cambrai éliminé à Ribemont, les réserves de Chambly et de Saint-Quentin sorties, des qualifications arrachées au bout du suspense et une séance de tirs au but interminable entre Grande-Synthe et Esquelbecq. Car il ne faut pas se fier à son statut de coupe régionale. Ici aussi, les favoris tombent, les entraîneurs cherchent des explications et les gardiens deviennent parfois les héros d'un dimanche après-midi. La différence avec la Coupe de France ? On risque moins de tomber sur le PSG au prochain tour. Mais on peut toujours se retrouver à devoir expliquer une élimination à Ribemont.
📷 FootmatchHDFTeddy Chevalier, Mike Guillaume, Alassane Tall, David Moké. Et David Jacqmin sur le banc depuis septembre. À Cambrai, les parcours professionnels s'accumulent dans un effectif de Régional 1 qui ne manque ni d'expérience ni de références. Mais derrière cette attractivité étonnante pour le niveau, une question se pose : quel est le véritable projet de l'AC Cambrai, et jusqu'où peut-il aller ?

Le verdict est tombé comme une averse de novembre sur un terrain de district : Avoine-Chinon, Berre, Mérignac-Arlac et l'APM Metz, pourtant promus sportivement, se sont vu refuser l'accession au National 2 par la DNCG. Une décision qui peut sembler injuste pour les joueurs, les bénévoles et les supporters qui ont gagné leur montée sur le terrain. Pourtant, derrière la froideur d'un procès-verbal, se cache une réalité que le football amateur préfère parfois ignorer.

Pendant longtemps, l'intelligence artificielle semblait réservée aux géants du football. Les clubs de Premier League analysaient des millions de données, les recruteurs de Ligue 1 faisaient tourner des algorithmes, et les consultants de télévision s'extasiaient devant des cartes thermiques incompréhensibles. Pendant ce temps-là, à Harnes, à Le Portel ou à Chauny, le coach essayait surtout de retrouver sa feuille de match et le trésorier comptait les recettes de la buvette. Pourtant, doucement, presque silencieusement, l'IA commence à frapper à la porte du football amateur. Pas avec des robots joueurs ni des hologrammes dans les vestiaires. Mais avec une série de petits changements qui pourraient transformer profondément le football régional.

Huit buts en trois journées de Régional 3, une expérience du football professionnel en République tchèque et, déjà, un départ annoncé vers le voisin de l'AC Cambrai, en Régional 1. Alassane Tall n'aura pas eu besoin de beaucoup de temps pour se faire remarquer dans le Cambrésis. Mais comment peut-on changer de club en octobre, alors que le mercato est censé être terminé ? Explications sur une drôle d'histoire de football amateur.

Il fut un temps où, dans le football amateur, la question du déplacement était assez simple. On demandait qui prenait sa voiture, on répartissait les joueurs, on entassait les sacs dans les coffres et on cherchait vaguement une station-service avant de reprendre l'autoroute. À 2,50 euros le litre, la conversation risque désormais de commencer autrement : « Qui peut encore prendre sa voiture ? » La flambée actuelle n'a rien d'un problème théorique. Mi-septembre, le gazole était déjà annoncé autour de 2,39 euros le litre en moyenne, tandis que des clubs amateurs expliquaient devoir revoir l'organisation de leurs déplacements. Et certains districts commencent eux aussi à tirer la sonnette d'alarme sur les conséquences pour les clubs, les dirigeants et les parents. Bienvenue dans le football amateur de 2026, où le poste le plus difficile à pourvoir ne sera peut-être bientôt plus celui d'arrière gauche, mais celui de conducteur.

Il y a des décisions qui font moins de bruit qu'un derby sous la pluie mais qui peuvent modifier durablement le paysage du football amateur. Réunis en assemblée générale, les clubs de la Ligue des Hauts-de-France ont validé deux changements majeurs : un nouveau découpage des groupes de Régional 1 et l'extension progressive du Régional 3, qui passera à dix poules de douze équipes d'ici 2028. À première vue, cela ressemble à un simple ajustement administratif. En réalité, ces choix vont impacter les kilomètres parcourus, les budgets, les rivalités locales, les ambitions sportives et même les habitudes des supporters.

Chaque semaine, les chiffres racontent une nouvelle histoire. Et cette fois, les statistiques des Hauts-de-France que vous pouvez retrouver dans notre rubrique "Stats", dessinent surtout un championnat où les certitudes se fissurent : certaines équipes dominent sans écraser, d’autres flambent sans gagner, tandis que quelques outsiders avancent presque en silence. Le plus intéressant ? Les tendances commencent à se répéter. Et dans le football amateur, lorsqu’une anomalie devient une habitude, ce n’est plus une anomalie.

À Péronne, le groundhopper découvre un stade qui ne se livre pas immédiatement. Il faut d’abord trouver où se garer, puis comprendre où se trouve réellement l’entrée, avant de déboucher sur une enceinte qui semble avoir traversé les décennies sans trop se préoccuper des modes. Du football régional comme on en trouve encore : du béton, une piste d’athlétisme et des habitués qui ont davantage envie de discuter avec vous que de lancer un tifo.

À Noyon, le football amateur donne cette impression étrange d’être coincé entre modernisation et bricolage permanent. D’un côté, un terrain synthétique flambant neuf ; de l’autre, une tribune qui semble avoir été montée avec les restes d’un chantier municipal des années 90. Un mélange assez typique des clubs régionaux qui avancent par petites touches successives.

À Itancourt, le football amateur retrouve cette atmosphère de petit stade de campagne où tout le monde finit par se connaître au bout de deux matchs. Ici, pas de grandes infrastructures ni de mise en scène spectaculaire : juste un terrain, une tribune artisanale et des habitués qui viennent autant pour commenter l’arbitrage que pour regarder le match.

Arrivé au mois de janvier, Kaya Cochet a complètement changé le visage offensif de Noyon en R3. Avec 27 buts inscrits en seulement 18 matchs, l’attaquant s’est imposé comme l’une des révélations de cette deuxième partie de saison dans les Hauts-de-France. Courtisé par plusieurs clubs de l’Oise et de Picardie, il revient pour FootMatchhdf sur son adaptation express, sa saison XXL et ses ambitions. ENTRETIEN EXCLUSIF !!!

Chronique météorologico-footballistique en R1

Interview exclusive de Raymond, 63 ans, témoin.

Il existe des matchs qui basculent sur un détail. Une erreur défensive, un coup de pied arrêté, un éclair individuel.