Aller voir la réserve de Saint-Quentin, c’est un peu comme assister à une répétition générale à huis clos… sauf que personne n’a pensé à prévenir le public. Ici, le football amateur prend une tournure minimaliste, presque conceptuelle. Un stade sans tribune, sans ambiance et sans buvette ouverte : du brutal, du vrai, du synthétique.
Le premier combat commence dès l’arrivée. Certes, le parking est ouvert — exploit notable quand on connaît les jours de match de l’équipe première — mais il faut ensuite partir en randonnée pour rejoindre le terrain. Le synthétique utilisé par la B se situe à environ 500 mètres à pied. Une distance qui paraît raisonnable jusqu’au moment où le vent picard décide de te rappeler qu’on est en novembre toute l’année au nord de l’Aisne.
Stationnement : 2/5
Le stade, ou plutôt “l’espace de pratique sportive”, pousse le dépouillement à un niveau rarement atteint. Trois bancs, une butte et aucune tribune. Pas un toit, pas un coin pour s’abriter, pas même un semblant de confort pour le spectateur téméraire. Le terrain synthétique accuse le poids des années. On regarde le match debout, exposé aux éléments, avec cette étrange sensation d’assister à un entraînement interdit au public mais auquel on aurait oublié de vous empêcher d’entrer. En cas d’orage, il faut marcher 300 mètres pour trouver refuge. Ici, le supporter n’est pas roi : il est toléré.
Le stade : 0/5
L’ambiance est d’une discrétion monastique. Quelques parents encouragent timidement leur fils, pendant que deux ou trois joueurs de l’équipe A viennent soutenir les copains entre deux stories Instagram. Aucun chant, aucune pression populaire, aucun vieux briscard pour hurler sur l’arbitre pendant quatre-vingt-dix minutes. Même les pigeons autour du terrain semblent respecter une minute de silence permanente.
Ambiance : 0/5
Et puis vient la question essentielle du football amateur : la buvette. Enfin… en théorie. Car oui, elle existe. Quelque part. À 500 mètres du terrain. Et surtout fermée. Autant dire qu’en cas de petite fringale ou de crise d’hypoglycémie, il faudra compter davantage sur la solidarité des spectateurs que sur l’organisation du club. Le seul ravitaillement potentiel semble être l’eau de pluie accumulée sur le bord du synthé. Quant au retour, une mauvaise chute pourrait presque vous faire rouler jusqu’à la piste d’athlétisme située en contrebas.
Buvette : 0/5
La réserve de Saint-Quentin offre finalement une expérience radicale : du football à l’état brut, sans artifices, sans confort et presque sans public. Une sorte de survivalisme footballistique où seuls les plus courageux arrivent jusqu’au coup de sifflet final.
Note globale : 2/20